SommairePrécédentSuivant
Fermer
 
Anatomie et physiologie cardiaques
  Chapitre 1. RAPPEL ANATOMIQUE DU COEUR ET DES GROS VAISSEAUX
 

QUELQUES CHIFFRES A CONNAÎTRE

Poids du cœur normal :
300 g chez l'homme
250 g chez la femme.
Épaisseur du myocarde :
auriculaire : 1 mm
ventriculaire droit : 5 mm
septum interventriculaire et ventricule gauche : 10 mm
Valve mitrale :
circonférence : 110 mm chez l'homme, 90 mm chez la femme ;
diamètre : 32 mm
surface de l'orifice mitral normal : 3,7 à 4 cm2 à l'extrémité des feuillets, 8 cm2 à l'anneau.
Valve tricuspide :
circonférence : 120 mm chez l'homme, 105 chez la femme
surface de l'orifice tricuspidien normal : 10 à 12 cm2
Orifice aortique :
diamètre 20 mm
surface 3,14 cm2
Orifice pulmonaire :
diamètre 24 mm
surface 4,5 cm2
Le volume de la cavité ventriculaire (droite ou gauche) en télédiastole est de 120 ml.
 

LE SQUELETTE DU CŒUR

Le myocarde auriculaire et le myocarde ventriculaire s'insèrent de part et d'autre du squelette fibreux qui forme les 4 anneaux contigus des orifices valvulaires.
Ce tissu conjonctif très résistant sépare anatomiquement les oreillettes et les ventricules. Il constitue également un isolant électrique, interdisant à la dépolarisation auriculaire de se propager aux ventricules en dehors des voies de conduction normales.
 
 
 
 

LES OREILLETTES

L'oreillette droite reçoit les deux veines caves et le sinus coronaire.
L'oreillette gauche reçoit, sur sa face postérieure, les 4 veines pulmonaires.
Chaque oreillette est prolongée d'un auricule. A gauche, il se situe entre l'artère pulmonaire et la base du ventricule gauche.
La cloison interauriculaire est normalement étanche. Cependant, dans 25 % des cas, il persiste un orifice : foramen ovale sans conséquence pratique à distinguer de la communication interauriculaire (soit ostium secondum, soit ostium primum).
 

LES VENTRICULES

On distingue la chambre de remplissage, la chambre de chasse.
Ces deux chambres sont séparées, à droite par l'éperon de WOLFF, à gauche par la grande valve mitrale.
 

LES APPAREILS VALVULAIRES

LA VALVULE MITRALE
Elle comporte deux valves séparées par les commissures :
La grande valve ou valve septale ou feuillet antérieur
La petite valve ou valve pariétale ou feuillet postérieur.
Ces valves sont amarrées aux piliers par des cordages : pilier antérieur et pilier postérieur.
 
LA VALVE TRICUSPIDE
Elle comporte trois feuillets : antérieur, inférieur et septal, qui sont amarrés par des cordages à un pilier antérieur et à plusieurs piliers postérieurs.
Ces valves auriculo-ventriculaires s'ouvrent largement en début de diastole lorsque la pression intraventriculaire devient inférieure à la pression auriculaire.
Puis, au cours du remplissage, les feuillets se rapprochent. Ils s'écartent à nouveau lors de la contraction auriculaire sous l'effet du remplissage rapide terminal. En fin de diastole, les feuillets s'accolent, prêts pour la montée rapide de pression de la contraction isométrique.
 
LES VALVULES SIGMOÏDES AORTIQUES ET PULMONAIRES : trois valves en "nid de pigeon" pour chaque orifice.
Les coronaires naissent à la hauteur des sigmoïdes antérieures droite et gauche de l'aorte.
Au dessus de ces sigmoïdes aortiques se situe la dilatation du sinus de VALSALVA.
 

LES ARTÈRES CORONAIRES

L'ARTERE CORONAIRE GAUCHE
Elle naît au dessus de la sigmoïde antéro-gauche.
Elle comporte une première partie, ou tronc commun, de 1 à 3 cm, qui se divise en :
interventriculaire antérieure (donnant les artères septales et une ou deux diagonales)
circonflexe (donnant des collatérales descendantes pour la face postérieure du ventricule gauche, des collatérales ascendantes pour l'oreillette gauche, enfin une marginale pour la face antéro-latérale du ventricule gauche).
 
L'ARTERE CORONAIRE DROITE
Elle naît au dessus de la sigmoïde antéro-droite.
Elle contourne le cœur dans le sillon auriculo-ventriculaire droit et atteint la partie supérieure du sillon interventriculaire postérieur qu'elle emprunte : interventriculaire postérieure.
 
Reconstruction 3D du réseau coronaire avec sténose
 

LE TISSU DE CONDUCTION

CENTRE SINUSAL
15 à 20 mm de long
5 mm de large
situé sous l'épicarde à la partie supérieure de l'oreillette droite, près de l'abouchement de la veine cave supérieure.
Il est connecté au centre nodal par des faisceaux de fibres appelés voies atriales (faisceaux de BACHMANN).
CENTRE NODAL ou nœud auriculo-ventriculaire :
1 à 5 mm de long sur 1 mm de large
Il est situé sous l'endocarde à la jonction oreillettes-ventricules devant l'orifice du sinus coronaire, derrière l'insertion de la valve septale de la tricuspide. Il est vascularisé, le plus souvent, par une branche de la coronaire droite (81 % des cas).
LE TRONC DU FAISCEAU DE HISS descend sous l'endocarde de la face droite du septum interventriculaire.
LA BRANCHE DROITE prolonge le tronc jusqu'au pilier antérieur de la tricuspide.
LA BRANCHE GAUCHE se dirige sous l'endocarde de la face gauche du septum. Elle se divise en deux faisceaux : antéro-supérieur et postéro-inférieur.
LE RESEAU DE PURKINJE représente les ramifications terminales du tissu nodal sous l'endocarde des deux ventricules.
 
LES DÉBUTS MOUVEMENTÉS DE L'ANATOMIE
 
André VESALE naquit le 31.12.1514 à Bruxelles dans une famille originaire de Wesel (d'où son nom) dans le duché de Clèves en Rhénanie inférieure. Son père était apothicaire de la cour et très tôt, Vesale montra des dons pour les sciences naturelles et en particulier la dissection des animaux.
Après des études à Louvain, il partit à 18 ans pour Paris et s'inscrivit au cours de Jacobus Sylvius, Professeur d'Anatomie et dont l'artère sylvienne garde la mémoire. Les cours consistaient en une lecture des textes de Galien (né à Pergame en 130 après J.C. près de 14 siècles plus tôt) pendant qu'un "chirurgien" réalisait l'autopsie d'un chien - Vesale déserta rapidement l'amphithéâtre pour rôder autour du Gibet de Monfaucon aux portes de Paris. Il collectionna ainsi des fragments de squelettes et entreprit de se familiariser avec la véritable anatomie humaine. De nombreux amis venaient suivre son enseignement plus pratique et plus passionnant que les lectures de Galien par Sylvius. En ce temps là, la Faculté avait le droit d'organiser deux fois par an une dissection de cadavre. Après de multiples formalités, l'autopsie pouvait commencer et le temps imparti aux leçons ne pouvait dépassé 3 jours, or il se trouva que lors d'une de ces dissections bisannuelles, le "chirurgien" était souffrant. Il n'était pas question de renoncer. L'amphithéâtre était plein d'étudiants et de curieux qu'il ne fallait pas décevoir. On entendit alors dans l'assistance murmurer le nom de Vesale, immédiatement repris par tous. Vesale poussé par ses amis commença la dissection. Sylvius était étonné par tant d'adresse et d'intelligence, jamais séance de dissection n'avait suscité autant d'intérêt si bien que les autopsies suivantes lui furent confiées. Ainsi à l'âge de 20 ans, Vesale avait acquis une notoriété d'anatomistes lui permettant d'espérer une brillante carrière à Paris.
Malheureusement en 1536, l'Université ferma ses portes et Vesale retourna à Louvain. L'enseignement y était particulièrement rétrograde ce qui ne pouvait satisfaire Vesale. Il fit alors scandale pour avoir dérobé le corps d'un pendu et l'avoir par morceau ramené chez lui afin de présenter un squelette complet, ce qu'aucune Université ne possédait alors.
Cependant, ayant compris qu'il ne progresserait pas dans ses projets d'anatomistes avec de tels expédients, il partit pour Venise, puis Padoue, l'Université la plus renommée d'Europe, où il fut nommé Professeur de Chirurgie et d'Anatomie le 5.12.1537, il avait 23 ans.
Confronté aux erreurs de Galien, il décida d'enseigner la réalité anatomique humaine. Ce fut le début du remarquable travail qu'il entreprit, aidé du dessinateur Kalkar, élève du Titien. Celui-ci, en 260 gravures sur bois reproduit les préparations anatomiques de Vesale, présentées avec une exactitude jamais égalée. Les sept livres sur la construction du corps humain furent achevés le 1er Août 1542. Ils parurent en 1543 chez Oporinus à Bâle sous le titre : " De Corporis Humani Fabrica ". La même année, Copernic faisait éditer ses " Six livres sur les corps célestes ".
Les controverses suscitées par son œuvre totalement innovante et originale assombrirent les années qui suivirent. Proposant son enseignement dans de multiples Universités, Vesale n'en retirera que des critiques si bien qu'il accepta la place de troisième médecin de Charles Quint à Bruxelles. Il avait abandonné tout projet de recherche et après l'abdication de Charles Quint en 1555, il suivit à Madrid, Philippe II qui l'avait gardé à son service.
La vie à la cour d'Espagne n'incitait pas à l'étude et encore moins aux travaux d'anatomie, or Vesale reçut, un jour, venant de Padoue, un livre dans lequel Fallope poursuivait les travaux de son maître. La lecture de ce livre redonna à Vesale le goût et la passion de l'anatomie. C'est alors que survient un bien curieux événement.
Vesale avait été appelé à donner ses soins à une noble dame de la cour, malheureusement, celle-ci mourut subitement avant tout traitement. Voulant connaître la cause de la mort, Vesale demanda l'autorisation de pratiquer une autopsie. Celle-ci fut accordée par la famille, et sans attendre plus, Vesale ouvrit le thorax pour examiner le cœur; dans l'assistance attentive et inquiète, se trouvait le frère de la noble dame. Celui-ci crut voir le cœur battre et accusa Vesale d'avoir disséqué une personne vivante. Condamné à mort, Vesale fut sauvé par Philippe II qui commua la peine en un exil définitif et un pèlerinage à Jérusalem. Vesale partit immédiatement laissant sa famille et tous ses biens. Il traversa les Alpes et arriva à Venise où il retrouva ses amis qui le supplièrent de rester pour enseigner. Après les avoir assurés de son enthousiasme pour ce projet, il partit pour Jérusalem. C'est là qu'il reçut une proposition pour reprendre la Chaire d'Anatomie de l'Université de Padoue laissé vacante au décès de Fallope. Écourtant son pèlerinage, Vesale organisa alors son retour et embarqua pour l'Italie; mais au cours de la traversée, il fut pris d'une forte fièvre si bien que le navire dut faire escale à Zante petite île de la Mer Ionienne. Vesale fut déposé agonisant sur le rivage et mourut presque aussitôt. Cette triste nouvelle fut portée par les pèlerins, en Italie et à Bruxelles. Si Vesale était mort, son œuvre allait avoir une portée considérable. Après 14 siècles dominés par l'enseignement de Galien, s'ouvrait avec la Renaissance, l'ère de l'anatomie descriptive humaine.
 
Références : Histoire illustrée de la Cardiologie, de la Préhistoire à nos jours. Philippe GORNY - Editions Roger Dacosta - Paris 1985.
 
SommairePrécédentSuivant  
ContactsImprimerFermer