Il existe de très importants besoins en santé publique dans les pays du Sud, notamment dans le domaine Mère-Enfant où la mortalité et la morbidité demeurent très élevées.
L’une des raisons de cette situation inacceptable est le déficit important de formation initiale et continue des professionnels de la santé (en raison d’universités et de facultés de médecine aux moyens insuffisants, en particulier par le manque ou le faible nombre de formateurs).
De même l’absence ou l’insuffisance de médecins généralistes et de spécialistes et de sages-femmes et d’infirmiers dont le niveau de formation initiale et continue est également souvent insuffisant, pèsent sur les capacités de prise en compte des pathologies des femmes et de leurs enfants, surtout compte tenu de l’existence des pandémies telles que paludisme, VIH ou tuberculose, mais aussi des risques propres liés aux accouchements surveillés ou effectués dans des conditions de prise en charge souvent précaires et/ou sous médicalisées.
Outre les médecins des cadres intermédiaires de santé pourraient bénéficier de la mise à disposition de ressources internationales de formations numériques, initiales ou continues, grâce à l’usage
des TICE qui, pour l’instant ne peuvent leur être offertes par manque de responsables compétents pour leur utilisation.
Dans de nombreuses universités et facultés de médecine africaines et asiatiques, les formations en santé publique, en gynécologie-obstétrique, en néonatalogie, en pédiatrie, en maladies infectieuses et tropicales et IST/SIDA, liées au domaine particulier de la mère et de l’enfant, sont sous "la responsabilité de cliniciens et d’enseignants africains et asiatiques très compétents dans" ces domaines, mais qu’il est nécessaire selon leur propre aveu. Il faut multiplier les structures locales d’enseignement dans le domaine de l’épidémiologie, de la gestion ou de la planification, toutes matières indispensables pour la mise en œuvre d’une politique de santé publique moderne et opérationnelle.
Les difficultés d’accès aux formations dans tous les domaines de la santé publique sont majorées pour les étudiants des pays du Sud, car il leur est presque toujours nécessaire de faire des déplacements répétés, loin de leur lieu de formation initiale ou d’exercice professionnel.
Cette situation aboutit, soit au renoncement à la formation, soit à l’expatriation prolongée, ce qui contribue à accroître le déficit en jeunes enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires et de professionnels de santé publique de ces pays.
Ce déficit accentue les carences des systèmes de santé de ces pays et contribue à une aggravation de leur situation sanitaire.
Un autre risque paradoxal est la fuite des cerveaux par l’expatriation d’une partie des élites locales francophones, en raison du caractère attractif sur le plan financier et professionnel du continent nord-américain ou de l’Europe, expatriation qui pourrait être favorisée par l’offre de formation anglophone essentiellement nord-américaine, pourtant moins adaptée aux spécificités du public africain francophone.
Dans le contexte supplémentaire des pandémies qui touchent plus particulièrement la future mère et l’enfant, il est urgent de proposer des formations médicales - inscrites dans le cadre des objectifs du millénaire de développement (OMD), de niveau conforme aux données actuelles de la science et adaptées aux besoins des populations dans les contextes des pays de la ZSP :
- formations francophones, initiales et continues,
- pouvant être suivies à distance et plus seulement en « présentiel» (c’est-à-dire requérant la présence physique de l’étudiant),
- en limitant les durées des formations présentielles à l’acquisition des compétences professionnelles, sur les terrains des stages hospitaliers locaux de préférence.
La promotion des formations spécifiques dans ces domaines si sensibles, est à usages multiples
- tant par la diversité des publics concernés : médicaux, paramédicaux, médico-sociaux et sociaux, professionnels de terrain et personnels enseignants
- que par les impacts collatéraux (formations aux TIC en particulier- au « Certificat informatique et internet, le C2i Métiers de la Santé » -, futur LMD et Equivalents EECTS) via Internet notamment, compenserait certaine une faiblesse française dans ce secteur et devrait favoriser, en particulier, l’implantation dans leur pays d’origine de jeunes enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires en gynéco-obstétrique et pédiatrie.
- Enfin, le manque de personnels intermédiaires sera pris en compte pour permettre une meilleure utilisation de l’aide médicale offerte, au plus près des populations et des ressources locales.
Ces formations initiales et continues étant diplômantes gérées par les facultés de médecine locales, seront suivies à distance et encadrées par des tuteurs français et locaux pour les parties théoriques.
Les formations pratiques et les stages cliniques hospitaliers seront organisés sur place avec la participation en présentiel, pour des durées courtes, de 10 à 15 jours au maximum, par les tuteurs français, venant participer à l’apprentissage des étudiants et à la validation des compétences en coopération avec des tuteurs locaux.
L’implication de centres africains et/ou maghrébins pour les formations hospitalières sera privilégiée pour les formations pratiques et les stages auprès des patients.
Les bénéficiaires directs seront les patients et les populations locales.
Le projet cible l’augmentation significative du nombre de professionnels de santé – chirurgiens, médecins, pédiatres, para-médicaux en formation initiale ou continue complémentaire diplômantes (sages-femmes, puéricultrices,…) – compétents dans le domaine des pathologies de la mère et de l’enfant, au travers d’un ensemble de diplômes universitaires, adaptés aux objectifs millénaires du développement dans ce champ : lutte contre la mortalité et morbidité maternelle et infantile, IST SIDA, accès aux thérapeutiques.
Ce programme sera mené en étroite collaboration avec les facultés de médecine locales. Un ensemble de 8 diplômes sera proposé.
Outre l’offre de diplômes de médecine, l’originalité des formations de l’UMVF concerne l’augmentation de la capacité à former les futurs professionnels de santé à la maîtrise
des technologies de l’information pour l’enseignement (TICE). Ils auront en effet de plus validé le Certificat Informatique et Internet (C2i) de niveau 1 ou 2, selon leurs besoins.
Ce projet contribuera à maintenir un lien de formation médicale continue francophone au-delà de la durée du projet FSP Mère enfant, par l’intermédiaire de l’UMVF.