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Stérilité conjugale (29) Docteur Jean-marc AYOUBI - Août 2002 (Mise à jour avril 2005)
1. Les objectifs
2. Etiologies 2.1. Etiologies féminines Par ordre de fréquence : 2.2. Etiologies masculines 2.3. Etiologies conjugales A l’origine de ces causes de stérilité on peut mettre en premier rang les maladies infectieuses, notamment d’ordre sexuellement transmissible. Leurs dégâts peuvent atteindre aussi bien la trompe que l’ovaire, l’utérus et le col chez la femme, les testicules et les canaux excréteurs chez l’homme. D’autres facteurs peuvent aussi intervenir sur la fertilité conjugale, notamment l’âge de la femme ; après un maximum atteint vers 25 ans, la fertilité féminine décroît rapidement. Elle est diminuée de 50 % à l’âge de 35 ans, de 75 % à l’âge de 40 ans, et se trouve pratiquement réduite à 0 à partir de l’âge de 45 ans.
(J.M. Ayoubi) 3. La prise en charge d’un couple stérile 3.1. La première consultation, dite consultation de débroussaillage 3.1.1. l’interrogatoire Il s’adresse aux deux membres du couples +++ 3.1.1.1. La femme 3.1.1.2. L’homme 3.1.1.3. Le couple 3.1.2. L’examen clinique des deux membres du couple Il sert surtout à diagnostiquer les grosses anomalies (malformations de l’appareil génital) et à faire les manœuvres habituelles du dépistage (frottis, examen des seins). 3.1.3. Prescription Tableau 2 : bilan de base Etude de l’ovulation Analyse du sperme Hystérographie Test post-coïtal de Hühner 3.1.3.1. Ovulation Elle se juge grâce à la confrontation de trois types d’explorations : 3.1.3.2. le dosage des estrogènes Au cours de la période pré-ovulatoire. L’évolution des estrogènes en période pré-ovulatoire est le reflet de follicule qui va ovuler. 3.1.3.3. ultrasonographie Cette technique qui permet dans 90 % des cas, lors d’examens sériés, d’accompagner l’accroissement folliculaire et sa transformation en corps jaune, après l’ovulation, est une méthode trop chère pour être utilisée couramment, dans la confirmation de l’ovulation. 3.1.4. l’étude du sperme Spermogramme avec spermocytogramme, qui permet l’étude de 3 paramètres essentiels : le nombre, la mobilité, et la morphologie des spermatozoïdes. Le spermogramme est un examen essentiel dans l’évaluation du facteur masculin. Pour la spermatogenèse, on conseille une période d’abstinence des relations sexuelles de 2 ou 3 jours et la récolte totale du sperme doit être faite par masturbation, dans un récipient non spermatoxique. Valeurs normales du spermogramme : selon l’OMS (1992) les valeurs normales sont : Le spermogramme peut révéler : 3.1.5. l’étude des trompes et utérus : hystérosalpingographie Outre le diagnostic de perméabilité tubaire, il faut interpréter cet examen en tenant compte de l’aspect de la lumière tubaire imprégnée par le produit de contraste radiographique. L’hystérosalpingographie (HSG) implique l’introduction d’une substance de contraste dans la cavité utérine. Elle a comme contre-indications la grossesse et l’infection. L’HSG peut révéler : une perméabilité tubaire (unilatérale ou bilatérale), obstruction ou spasme. L’obstruction peut être proximale ou distale (unilatérale ou bilatérale) et elle peut présenter des aspects typiques, comme dans les cas de tuberculose génitale (trompes en fil de fer, rosaire ou pipe). Il peut y avoir des diverticules faisant suggérer l’endométriose (salpingite isthmique noduleuse). Le passage tubaire peut ne pas exister, à cause d’un spasme dans la portion interstitielle (répéter l’HSG après prescription d’anti-spasmodique : nitroglycérine, glucagon ou autres). L’HSG peut suggérer des adhérences péritonéales (Facteur Péritonéal), ainsi que des lésions dans la cavité utérine (Facteur Utérin). 3.1.6. l’étude de la glaire cervicale et test post-coïtal de Huhner Il s’agit de l’étude de la mobilité des spermatozoïdes dans la glaire cervicale après un rapport. En pratique, ce test n’est interprétable que si la glaire est suffisante, c’est-à-dire en période pré-ovulatoire. On demande au couple d’avoir un rapport la veille au soir ou le matin du jour où le test est prévu. Au laboratoire, un petit prélèvement de glaire est examiné au microscope entre lame et lamelle. Le test est dit positif si un certain nombre de spermatozoïdes se déplacent librement dans la glaire cervicale. Le test est dit négatif s’il n’y a pas de spermatozoïdes ou si ils sont tous immobiles.
(J.M. Ayoubi) 3.2. Deuxième consultation, dite consultation d’orientation Une orientation diagnostique est prise vers l’une ou l’autre des étiologies possibles en fonction des données recueillies lors de la 1ère consultation et des résultats des examens complémentaires. 3.2.1. Anomalies de l’ovulation Elles pouvaient être suspectées si la puberté s’est déroulée dans des conditions pathologiques, si le cycle génital est absent ou anormalement long et irrégulier. Elles sont confirmées par l’aspect plat de la courbe de température, l’absence de montée pré-ovulatoire des estrogènes et des dosages de progestérone en 2° partie de cycle qui restent bas. Il convient alors de rechercher la cause de ces anomalies de l’ovulation. Cela se fait par étude endocrinienne complète de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique réalisée entre le 2ème et 5ème jour du cycle : 3.2.2. la trompe L’étiologie mécanique de la stérilité pouvait être suspectée sur la notion d’antécédent d’infection génitale et de facteur de risque tels que rapports précoces, partenaires multiples, antécédents d’IVG, de stérilet, antécédent de grossesse extra-utérine. L’atteinte mécanique se trouve confirmée par l’hystérographie. Il convient alors de faire une coelioscopie afin de faire le bilan précis des lésions et de choisir ainsi la meilleure modalité thérapeutique (chirurgie percoelioscopique, microchirurgie, fécondation in vitro). 3.2.3. l’étiologie masculine Elle peut être suspectée sur la notion d’anomalie congénitale (cryptorchidie), ou d’antécédent évocateur (orchite ourlienne). Elle peut se trouver confirmée par l’examen clinique (absence de testicules, présence d’un seul testicule, testicules petits et mous). Surtout, c’est le spermogramme qui définira l’importance du déficit : oligospermie (diminution du nombre des spermatozoïdes), asthénospermie (diminution de la mobilité des spermatozoïdes), tératospermie (augmentation du pourcentage des spermatozoïdes anormaux). 3.2.4. Test de Hühner négatif A condition que les techniques de réalisation soient satisfaisantes (test fait au bon moment du cycle), il peut orienter : 3.2.5. l’exploration des 4 paramètres du bilan de base est normal Il s’agit d’une stérilité inexpliquée au bilan de base. Il convient de faire une coelioscopie afin de rechercher une endométriose, ou des adhérences pelviennes, ainsi qu’une hystéroscopie à la recherche d’une endométrite ou d’une autre anomalie endo-utérine (polype, fibrome, synéchie). 4. Les traitements Ils sont nombreux. Ils doivent surtout être adaptés au diagnostic précis de la cause de la stérilité. Certains traitements ne s’appliquent qu’à des étiologies particulières : Pour les couples qui ne sont que seulement hypo-fertiles, les traitements sont destinés à augmenter leur fertilité afin que la grossesse puisse être obtenue plus rapidement. A terme, le pronostic est bon et la plupart de ces couples arrivent à obtenir la grossesse qu’ils désirent. Pour les couples totalement stériles, le but du traitement est de rétablir un certain degré de fertilité. Parmi ces couples un sur deux arrivera à obtenir une grossesse.
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