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Tuméfaction pelvienne chez la femme (342)
Professeur Pierre BERNARD - Août 2002 (Mise à jour avril 2005)


1. Définition

Une tuméfaction pelvienne correspond à une augmentation du volume d’un organe pelvien. Cette augmentation ou masse est-elle solide, liquide ou mixte ?
Est-elle organique ou fonctionnelle ?
Est-elle bénigne ou maligne ?


2.1. Les caractéristiques cliniques

Elles seront précisées ultérieurement.


2.1.1. Utérine


  • D’abord éliminer une grossesse, un fibromyome : masse ferme faisant corps avec l’utérus, à contours réguliers.
  • Adénomyose avec une augmentation du volume utérin.
  • Pyomètre liquidien en post ménopause.
  • Cancéreuse du col ou du corps utérin.
  • Carcinose pelvienne.


  • 2.1.2. Annexielle


  • Eliminer l’empâtement douloureux au toucher vaginal et une grossesse extra-utérine.
  • Le plus souvent une masse liquidienne ovarienne évoquant une tumeur kystique de l’ovaire dont il faut préciser :
  • le volume
  • les caractéristiques liquide ou solide, ou mixte
  • la mobilité par rapport aux organes voisins


  • 2.1.3. Vaginale


    Kyste, endométriose, ou cancer.


    2.1.4. Vulvaire


  • Infectieuse
  • Tumorale bénigne
  • Cancer de la vulve


  • 2.1.5. Extra-génitale


  • vésicale : rétention
  • rectosigmoïde : fécalome ou tumeur
  • Douglas : collection liquidienne


  • 2.2. La sémiologie associée

  • Algies pelviennes aiguës ou chroniques
  • Signes de compression
  • Pesanteurs
  • Lymphœdèmes


  • 3.1. La biologie

  • NFS, CRP
  • BêtaHCG
  • Marqueurs tumoraux
  • CA 125
  • CA 19/9
  • ACE
  • CA 15/3


  • 3.2. L’imagerie


    3.2.1. L’échographie abdomino-pelvienne et vaginale


    L’échographie précise la localisation, la taille et les caractéristiques liquidiennes ou solides des composantes de la masse.


    3.2.2. L’hystérosalpingographie


    Elle recherche une masse intracavitaire, des modifications de la cavitaire utérine, en hydrosalpinx.


    3.2.3. Scanner abdomino-pelvien


  • Analyse les relations de la masse avec les organes voisins.
  • L’état des nœuds lymphatiques.


  • 3.2.4. L’imagerie de résonance nucléaire (IRM)


    Avantages : pas d’irradiation
  • Imagerie dans les trois dimensions : sagittales, axiales, frontales.
  • Analyse les caractéristiques physiques : liquide ou solide.

  • Inconvénients :
  • ne peut pas préciser la nature histologique
  • le prix


  • 3.3. L’endoscopie


    3.3.1. La cœlioscopie diagnostique


    Elle permet de classer, de préciser le stade, l’extension intra-péritonéale de la tuméfaction :
  • la biopsie pour l’examen histologique
  • les prélèvements péritonéaux et bactériologiques


  • 3.3.2. L’hystéroscopie


    Elle recherche une pathologie endométriale ou tumeur sous muqueuse.


    4.1. Classification

    L’intervention permet la classification, l’établissement du stade en cas de malignité de l’extension intra-abdominale et sous péritonéale.


    4.2. Le caractère de la radicalité

    Elle sera précisée lors de l’exérèse in sano ou non sano, en zone de sécurité ou non, l’état des nœuds lymphatiques.


    5.1. Bénignes

    Fibromyomes, endométriose interne et externe, tumeurs kystiques bénignes des ovaires (cystadénomes, tératomes).


    5.2. Malignes

  • Cancers du col utérin
  • Cancers de l’endomètre
  • Cancers des ovaires
  • Cystadénocarcinomes malins ou à malignité atténuée (« border-line »)
  • Tumeurs malignes hormono-sécrétantes
  • Tumeurs des cordons sexuels.


  • 5.3. Infectieuses

  • Pyomètre
  • Pyosalpinx
  • Abcès pelviens


  • 6. Arbre décisionnel thérapeutique

    Il est établi en fonction de la taille de la tuméfaction et de son histologie.
  • cœliochirurgie
  • laparotomie
  • kystectomie, ovariectomie, tumorectomie
  • hysterectomie
  • hysterectomie avec annexectomie bilatérale, omentectomie, lymphadénectomie pelvienne et lombo-aortique


  • 7. Le dépistage systématique des masses annexielles 

    En 1991, Jacobs en Angleterre a utilisé le CA 125 sur une cohorte de 20 000 femmes. Les résultats furent très décevants 22 cas positifs avec malheureusement 7 cancers aux stades III et IV sur 11 cancers.

    Bourne en 1991, utilise l’échographie sur une cohorte de 5479 femmes, il obtient 326 cas positifs et diagnostique 5 cancers dont 3 « border-line ». Les inconvénients principaux du dépistage échographique :
  • de nombreuses laparotomies inutiles
  • le coût très élevé
  • Le dosage du CA 125 couplé à l’échographie pelvienne peut en revanche être pratiqué à titre systématique chez les femmes à risques : parent de premier degré atteint d’un cancer de l’ovaire.
    Le rendement du dépistage est ainsi multiplié par 3 selon l’étude de Campbell.


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