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Les lymphomes malins non hodgkiniens (164a) Professeur Jean-Jacques SOTTO, Docteur Rémy GRESSIN - Mars 2005 1. Définition Tumeurs malignes se développant à partir des cellules lymphoïdes à l'exclusion de la maladie de Hodgkin qui est un lymphome malin particulier (Cf question). Les LMNH appartiennent aux lignées B ou T. Ils font partie des syndromes lymphoprolifératifs matures au même titre que les leucémies lymphoïdes chroniques. Ils doivent donc être distingués des leucémies aiguës (immature) ou des syndromes lymphoprolifératifs chroniques sur des critères quantitatifs et qualitatifs de la moelle osseuse et du sang qui définissent ces maladies. Certains types cellulaires peuvent donner soit un LMNH soit une leucémie. En outre, il existe des formes frontières et des formes de passage ce qui rend le classement nosologique parfois arbitraire. Les LMNH sont représentés par une très grande diversité de tumeurs. Celles-ci sont classées dans la dernière classification de l’OMS en entités clinico-biologiques de pronostic très différent. L’appartenance à une de ces entités et la définition d’un certains nombres de facteurs pronostics permettent de prévoir le comportement clinique de la maladie et conduit à des indications thérapeutiques adaptées. 2. Epidémiologie Les LMNH sont les plus fréquentes des hémopathies malignes (15/100 000 habitants/an). Cette incidence a doublé en 20 ans. C’est la néoplasie qui a le plus augmenté en incidence après le mélanome. Fréquence : Homme 60%, Femme 40%. Dans l'ensemble, ils sont plus fréquents chez le sujet âgé avec une médiane d'âge autour de 60 ans. Les LMNH sont parmi les affections cancéreuses les plus fréquentes de l'enfant, l'adolescent et l'adulte jeune. Situations pathologiques prédisposant à l'apparition d'un LMNH : LMNH viro-induits : Un modèle de lymphome secondaire à une stimulation antigénique chronique : 3. Circonstances de découverte et principaux tableaux cliniques Les manifestations tumorales qui conduisent au diagnostic de LMNH sont variées : adénopathies ou localisations extra-ganglionnaires, forme apparemment localisée ou disséminée multiganglionnaire et/ou multiviscérale, schématiquement soit de petite taille (1 cm), d'aspect anodin, parfois anciennes ou très volumineuses, compressives et rapidement évolutives. Cette diversité clinique tumorale doit conduire à un comportement diagnostic simple : biopsie rapide de la tumeur ganglionnaire ou viscérale. Si profonde : médiastinoscopie, rarement thoracotomie ; rétropéritonéoscopie ou laparotomie. 4. Diagnostic 4.1. Prévoir l'éventualité d'un LMNH
Diagramme : orientation diagnostique (JJ. Sotto) Toujours prélèvement chirurgical et analyse multidisciplinaire de la pièce. 4.2. Organiser le prélèvement chirurgical, mutidisciplinaire 4.3. Rassembler les arguments diagnostiques des LMNH par une analyse pluridisciplinaire * l’IgS pour les B et le CD3 pour les T appartiennent au complexe du récepteur à l’antigène et définissent donc le stade mature d’un lymphocyte. Ces explorations permettent d'éliminer : Les hyperplasies bénignes réactionnelles, les adénopathies dysimmunitaires (maladies autoimmunes), les métastases des carcinomes indifférenciés et cancer anaplasique, la maladie de Hodgkin. 5.1. Arguments tirés du prélèvement tumoral : diagnostic d’entité 5.2. Arguments tirés de données bio-clinique 5.2.1. Bilan d'extension Les mêmes explorations que pour la maladie de Hodgkin seront réalisées (Cf question). Compte tenu de la fréquence des sites extraganglionnaires, une attention particulière sera portée à l'examen ORL et à l'exploration du tube digestif. Une ponction lombaire sera parfois réalisée. La classification d’Ann Arbor est utilisée. 5.2.2. Autres facteurs pronostiques
*Table ECOG
Des index pronostiques sont établis pour chaque entité. Ils reprennent certains des facteurs listés.
Pour chaque entité le pronostic général dépend du nombre de facteurs pronostiques indépendants présents au diagnostic. Exemple : la survie à 5 ans des folliculaires avec moins de deux facteurs est de 90 % contre seulement 52 % s’il en existe 3 ou plus. 6. Traitements Les protocoles thérapeutiques sont complexes. Ils comportent tous une polychimiothérapie dont l'intensité et la spécificité dépend du type de la tumeur et de l'âge du malade. On envisage souvent un renforcement thérapeutique après l'obtention d'une rémission complète. Dans certains cas, il peut comporter une autogreffe de moelle. 6.1. Traitements complémentaires 6.2. Résultats
Schéma : profils de courbe de survie globale comparatives des LMNH B à grandes cellules (LMNH agressifs) et des LMNH à petites cellules (LMNH de faible malignité) (R. Gressin) Les LMNH agressifs répondent à une loi de tout ou rien : s’ils sont mis en rémission complète et que celle-ci perdure 3-4 ans ils sont guéris (phase de plateau sur la courbe). Les LMNH à petites cellules répondent aux chimiothérapies mais rechutent presque obligatoirement. La guérison, définitive sur les courbes de survie par un plateau, n’est pas obtenue mais la médiane de survie est de l’ordre de 8 ans. |