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Conduite à tenir devant une adénopathie (291) Docteur Rémy GRESSIN - Avril 2005 1. Rappel sémiologique d’une adénopathie Toute tumeur supérieure à un centimètre de diamètre située dans un site de drainage lymphatique est suspecte. Attention aux pièges dépendant de la situation anatomique de la tuméfaction. La nature ganglionnaire de cette tuméfaction supérieure à 1 cm de diamètre étant acquise, il s’agit bien d’une adénopathie… Le diagnostic d’adénopathie étant acquis il faut alors : Eléments d’orientation étiologique : 2. S’il s’agit d’une adénopathie isolée 2.1. Adénopathie superficielle 2.1.1. Rechercher une pathologie primitive au niveau du site de drainage Qu’elle soit d’origine infectieuse (abcès, plaies, site d’inoculation, amygdalite…) ou tumorale (cancer oropharyngé, sein, marge anale…). La démarche diagnostique est stéréotypée : un prélèvement du site de drainage primitif avec examen biologique et / ou cyto-histologique doit être réalisé, parfois le prélèvement de l’adénopathie sera indispensable si le site primitif est indemne. L’hémogramme est indispensable, il ne vous fera ici que rarement le diagnostic mais il faut vérifier qu’il ne s’agit pas quand même d’un syndrome lymphoprolifératif. Il apportera en outre des arguments étiologiques. Certaines sérologies pourront être demandées en fonction du contexte, notamment d’une possible maladie d’inoculation. Rappel sur les sites de drainage :
(R. Gressin) 2.1.2. Si le site de drainage est indemne Ponction ganglionnaire et adénogramme Quelque soit le caractère de l’adénopathie (inflammatoire ou non) Qu’il existe ou non de la fièvre Avec examen bactériologique direct (avec coloration de Ziehl) et culture parfois sur milieu spéciaux (Löwenstein pour BK), si le patient est fébrile… à fortiori si la ponction est liquidienne suppurée ou caséeuse (consistance molle de l’adénopathie) et/ou s’il existe une polynucléose ou une leucopénie sur l’hémogramme. Qu’apporte la ponction ganglionnaire ? Comment doit être utilisé le matériel biopsié ? 3.1. Il existe une anomalie sur l’hémogramme Un syndrome mononucléosique Une hyperlymphocytose ou des cellules lymphoïdes atypiques sans hyperlymphocytose : Syndrome lymphoprolifératif chronique au premier rang par sa fréquence la leucémie lymphoïde chronique (mais aussi clone circulant d’un lymphome malin non Hodgkinien, maladie de Waldenström) : immunophénotypage des lymphocytes circulants +/- biopsie ganglionnaire et myélogramme. Une blastose Leucémie aiguë : myélogramme avec étude morphologique, immunophénotypique, cytochimique et cytogénétique. Une ou des cytopénies (bi ou pancytopénie) sans blastoses Le Myélogramme obligatoire pourrait montrer : Une polynucléose neutrophile et une éosinophilie Hodgkin : le tableau de polyadénopathie +/- splénomégalie est rare → biopsie ganglionnaire 3.2. L’hémogramme n’oriente pas le diagnostic La ponction ganglionnaire est obligatoire 4. Le diagnostic n’est toujours pas fait Dans un certain nombre de cas où le volume ganglionnaire est < 2 cm aucun diagnostic n’est établi, il faut débuter alors une période de surveillance vigilante. Une biopsie ganglionnaire devra être réalisée devant toute altération objective de l’état général, toute augmentation significative du volume ganglionnaire, l’apparition de nouvelles adénopathies ou systématiquement si le volume persiste inchangé après un mois de surveillance. |