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Ascite (orientation diagnostique) Professeur Jean-Pierre ZARSKI - Avril 2003
1. Diagnostic positif 1.1. Forme typique : l'ascite de moyenne abondance 1.1.1. Mode d'installation S'installe plus ou moins rapidement à la faveur d'un facteur déclenchant ou progressivement alors précédée d'un météorisme abdominal. En général bien tolérée, mais peut être responsable d'une sensation de pesanteur abdominale. S'accompagne d'une prise de poids et d'une augmentation du périmètre ombilical. 1.1.2. Examen clinique 1.1.3. Imagerie 1.2. Formes cliniques 1.3. La ponction exploratrice Autres recherches : dépendent du contexte clinique et de l'orientation étiologique (amylases). 2. Diagnostic différentiel 3. Diagnostic étiologique 3.1. Cirrhose alcoolique 3.1.1. Physiopathologie L’ascite ne se forme qu'en cas d'hypertension portale et de rétention hydrosodée. L'hypertension portale est nécessaire, mais non suffisante. Elle localise la rétention hydrosodée dans la cavité péritonéale. La rétention hydrosodée est en partie secondaire à l'insuffisance hépatocellulaire qui induit une stimulation du système rénine-angiotensine et donc une production accrue d'aldostérone ce qui entraîne une réabsorption accrue de sodium et d'eau au niveau du tube distal rénal. 3.1.2. Examen clinique L'ascite révèle la cirrhose ou complique son évolution. Il faut rechercher systématiquement un facteur favorisant son apparition : hémorragie digestive, surinfection virale ou bactérienne, intervention chirurgicale, écart de régime hyposodé, arrêt des diurétiques, survenue d'une hépatite alcoolique aiguë. L'ascite est souvent associée à : des signes d'hypertension portale (splénomégalie, circulation collatérale portocave), des signes d'insuffisance hépatocellulaire (angiomes stellaires, érythrose palmaire, baisse du TP et du facteur V, hypoalbuminémie), des oedèmes des membres inférieurs blancs, mous, indolores et prenant le godet, une oligurie < 500 mg/24 H avec natriurèse basse. 3.1.3. Liquide d'ascite : liquide jaune citron, pauvre en protides et stérile L'infection est plutôt monomicrobienne, secondaire à la dissémination hématogène d'un germe entérique. Elle est révélée par des douleurs abdominales diffuses, un météorisme, de la diarrhée, une hypo ou une hyperthermie, une hypotension artérielle. Parfois il s'agit d'une encéphalopathie hépatique, d'une altération de l'état général, d'une insuffisance rénale, d'une ascite réfractaire, d'une aggravation de l'insuffisance hépatique. Les trois principaux facteurs de risque de l'infection du liquide d'ascite sont : antécédents d'infection du liquide, taux de protides < 10 g/l, antécédents récents d'hémorragie digestive. Le diagnostic bactériologique repose sur l'ascitoculture (ensemencement direct de 10 ml d'ascite au lit du malade sur flacon d'hémocultures aéro-anaérobie) et sur la présence de plus de 250 polynucléaires neutrophiles / mm3. Les principaux germes isolés sont des bacilles à gram (-) dans les 2/3 des cas : Escherischia Coli. Le pronostic est sévère avec 50 % de décès, nécessitant donc un diagnostic précoce et l'institution en urgence d'une antibiothérapie. En cas de liquide hémorragique, il faut rechercher un carcinome hépatocellulaire. Le liquide est riche en protides avec réaction cellulaire polymorphe. 3.2. Ascite des maladies péritonéales L'ascite est alors le témoin d'une localisation tumorale ou d'une inflammation du péritoine. Les deux étiologies principales sont : 3.2.1. La carcinose péritonéale Liquide souvent hémorragique, à type d'exsudat, riche en cellules, avec recherche de cellules néoplasiques positives. Si le cancer primitif est inconnu, il faut surtout rechercher au niveau du tractus génital chez la femme (ovaires) ou du tube digestif. 3.2.2. Tuberculose péritonéale Liquide de type exsudatif, riche en cellules lymphocytaires, contenant des BK identifiés sur les cultures (milieu de Löwenstein). Il s'agit d'une pathologie du transplanté ou du sujet ayant une pathologie d'insuffisance immunitaire (SIDA). 3.2.3. Autres causes Mésothéliome péritonéal (ascite riche en ascite hyaluronique) et maladie gélatineuse du péritoine (rupture d'un kyste mucoïde de l'ovaire). 3.3. Ascite des maladies cardiaques C'est la conséquence d'une élévation de la pression veineuse centrale entraînant une stase veineuse à partir des cavités droites. Est vue dans l'insuffisance ventriculaire droite, la péricardite chronique constrictive, rarement dans les atteintes myocardiques de l'hémochromatose ou l'amylose. Le diagnostic repose sur l'examen clinique : ascite associée à des oedèmes des membres inférieurs, une hépatomégalie douloureuse, une turgescence jugulaire et un reflux hépatojugulaire. Le diagnostic est confirmé par l'échographie abdominale qui montre une dilatation des veines sus-hépatiques et de la veine cave inférieure et par le cathétérisme droit et sus-hépatique. 3.4. Autres étiologies 4. Traitement 4.1. Traitement classique 4.1.1. Ponctions d'ascite évacuatrices Ponctions d'ascite évacuatrices en mesurant la diurèse quotidienne, le poids et le périmètre abdominal compensé par des perfusion de macromolécules ou d’albumine (1 flacon pour deux litres évacués au delà de 5 litres). 4.1.2. Règles hygiénodiététiques Règles hygiénodiététiques : repos au lit, régime désodé (500 mg/24 H) 4.1.3. Diurétiques Diurétiques : spironolactones (ALDACTONE) à la dose de 75 à 300 mg/24 H en augmentant progressivement la dose en fonction de la diurèse. Ou furosémide (LASILIX) habituellement utilisé en 2ème intention en cas de résistance aux spironolactones et en associant éventuellement les deux ; la posologie est de 20 à 80 mg/24 H en ajoutant du potassium (3 à 15 g/24 H). Les contre-indications des diurétiques sont : l'insuffisance rénale, l'encéphalopathie hépatique, l'hémorragie digestive récente, l'infection du liquide d'ascite, l'hyponatrémie < 130 mmol/l. La surveillance du traitement diurétique doit être clinique (diurèse, TA, pouls, périmètre abdominal et poids) et biologique (ionogramme 2 fois/semaine avec en particulier dosage du sodium, du potassium et de la créatinine). Le traitement est ensuite poursuivi en ambulatoire avec le régime désodé, les spironolactones et la surveillance en particulier du ionogramme sanguin 2 fois/semaine. 4.2. Autres possibilités actuelles 4.3. L'ascite réfractaire 4.4. Le syndrome hépatorénal 4.5. Ascite infectée
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