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Troubles fonctionnels intestinaux (229) Professeur Jacques FOURNET - Avril 2003
1. Introduction Les troubles fonctionnels intestinaux correspondent à des signes cliniques ayant pour substratum des troubles de la motricité du tube digestif, en particulier le côlon, mais surtout des troubles de la sensibilité viscérale notamment à la distension, sans lésion anatomopathologiques identifiable (équivalent : syndrome de l’intestin irritable). Cette pathologie fonctionnelle est très répandue. Sa prévalence et estimée à 15-30% de la population. 10 à 15 % seulement consultent assez régulièrement. 2. Circonstances de découverte 2.1. La douleur Elle est le signe le plus fréquemment retrouvé. C’est le symptôme qui détermine le plus souvent la douleur à type de contraction, parfois de tension intolérable ; elle siège habituellement au niveau des fosses iliaques droites ou gauches ou dans la région hypogastrique. Elle peut également se localiser aux hypochondres, dessiner le trajet du cadre colique, irradier en arrière ou vers les cuisses, ou encore en barre dans la région ombilicale. Elle survient habituellement en période post-prandiale mais peut-être aussi matinale (douleur réveil-matin), rarement nocturne. Elle évolue pendant un temps variable, de quelques heures à quelques jours, soulagée classiquement par l’émission de gaz ou de selles ; augmentée par les repas copieux, le stress, l’anxiété, la fatigue physique, améliorée enfin par la détente, le repos, les vacances. 2.2. Les ballonnements intestinaux Ils sont très fréquents au cours de la colopathie, peuvent être généralisés à tout l’abdomen, ou localisés à un angle colique, allant de la simple gêne post-prandiale (et de la nécessité de desserrer la ceinture) à une distension douloureuse très violente souvent renforcée par une sensation d’angoisse. Dans bien des cas la distinction entre les deux symptômes (douleur ballonnement) n’est pas facile à faire. 2.3. Les troubles du transit Ils sont variables selon les différentes formes cliniques : Ces trois symptômes sont le plus souvent associés en combinaison variable. L’élément douloureux est le plus fréquent. Ces symptômes sont subaigus ou chronique. 3. Les éléments du diagnostic Aucun signe clinique n’est spécifique. 3.1. Eléments d’orientation 3.2. Le diagnostic est un diagnostic d’élimination 3.3. La coloscopie totale avec iléoscopie (+ biopsie systématique si diarrhée isolée) C’est l’examen le plus important. Elle est à réaliser : (NB : Les polypes éventuellement découverts en coloscopie n’expliquent absolument pas ce type de symptômes.) 4. Aspect évolutif et thérapeutique 4.1. Histoire naturelle A court terme, l’évolution est le plus souvent favorable. Ceci s’explique en grande partie par l’effet placebo dont l’efficacité peut atteindre 50%. Contrairement à ce que l’on pense souvent, cette variation de l’effet placebo ne dépend pas essentiellement du patient. Le médecin prescripteur en est aussi responsable en induisant cet effet par ses propos rassurants ou persuasifs ! Dans la majorité des cas, les symptômes évoluant ensuite sur un mode intermittent avec des périodes de crise, déclenchées parfois par des facteurs apparents d’ordre psychologique (tension affectives), professionnel ou social. Les arrêts de travail sont parfois fréquents et responsables d’un absentéisme professionnel. La consommation de médicaments paraît bien souvent excessive, de nombreux patients prenant en permanence des laxatifs, anti-spamodiques ou anxiolytiques durant l’année de leur suivi. Cette pathologie fonctionnelle est très répandue. Sa prévalence a été estimée à 14-30% d’une population apparemment saine lors de différentes enquêtes. Une partie de ces sujets (environ 20%) consulte. L’effet placebo est donc particulièrement important dans l’évolution à court terme de l’affection. Il est probable qu’il intervient également, en tant que témoin de qualité de la relation médecin-malade, dans les résultats à moyen et à long terme. Le premier acte thérapeutique doit donc apporter des explications sur le caractère bénin de la maladie, son évolution chronique mais aussi son amélioration très possible et la certitude d’absence de lésion organique. 4.2. Dans les formes à évolution clinique modérée en intensité 4.3. Dans les formes sévères Rebelles au traitement, avec symptomatologie permanente gênant la vie personnelle et sociale. En fonction du terrain psychologique :
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