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Diarrhées aigues de l’adulte (hors diarrhées immunodéprimées) (302)
Professeur Jacques FOURNET - Avril 2003


1.1. Syndrôme dysentérique fébrile - ou DA fébrile (3 jours)


1.1.1. Bactéries invasives


Salmonelles – Shigelles, E.coli entéroinvasif, entéropathogène, entérohémorragique, Yersinose (Y. enterocolitica), Campylobacter jéjuni, Clamydiae trachomatis, Clostridium difficil, Aeromonas hydrophila


1.1.2. Parasites


Entamoeba histolytica, Bilharziose (Schistosoma mansoni – S. intercalum), Balantidium coli, Anguillulose, P. falciparum (satellite de l’accès pallustre)


1.2. Diarrhée hydrique non fébrile – persistante (> 3 jours)


1.2.1. Virus


Rotavirus, virus norwalk, Adénovirus entériques (non recherchés).


1.2.2. Bactéries entérotoxinogènes


E.coli entérotoxinogène (> 50 % des cas diarrhées voyageurs), Aeromonas hydrophila


1.2.3. Parasites


Giardia lamblia ++, Trichinose


1.3. Syndrome cholériforme après voyage

Vibrio chlolerae, Vibrio parahemolyticus, Vibrio el tor


1.4. DA post antibiotique

Clostridium difficil, Klebsiellaoxytoca, Shigelles, Salmonelles, Klebsiella oxytoca


1.5. Toxi-infection alimentaire (>= 2 cas dans une même collectivité)

Staphylocoque doré ++, Clostridium perfingens type A et C. botulinum, Bacillus cereus
Salmonelles +++


2.1. L’analyse bactériologique des selles

Elle comporte la recherche de leucocytes altérés (diarrhée invasive) : 5 leuco/champ, n’a de valeur que positive.

Indication de la coproculture :
  • syndrome dysentérique
  • syndrome septicémique ou diarrhée aiguë sévère
  • diarrhée aiguë sur terrain fragile ou immuno-déprimé
  • forme traînante ou récidivante (> 3 jours)
  • DA post-antibiotique
  • Deux coprocultures au maximum : informations au laboratoire :
  • indiquer au laboratoire les hypothèses diagnostiques pour que les cultures en milieu spécialisé soient effectuées (cf. situation clinique).
  • Délai d’envoi : 2 à 3 heures sur prélèvements frais +++
  • Délai > 3 h : conserver au frigo (au maximum 12 h à 4 °C).


  • 2.2. Analyse parasitologique des selles

  • Selles fraîches (si possible émises au laboratoire)
  • Un seul prélèvement suffit, mais répéter en cas de négativité.


  • 2.3. Sérodiagnostic Campylobacter jejuni et Yersinia enterololitica

    Devant un syndrome dysentérique ou DA fébrile persistant uniquement


    2.4. Recherches virales

    Les recherches virales ne sont pas faites en pratique courante (hors immunodépression - et MICI).


    2.5. La recostigmoïdoscopie souple ou coloscopie courte

    Sans préparation, mérite d’être facilement proposée avec écouvillonnage rectal et biopsie à visées histologique, bactériologique et parasitologique : indications :
  • DA post-antibiotique
  • Forme traînante (> 3 jours) ou récidivante
  • Syndrome dysentérique
  • Forme septicémique ou bactérémique


  • 2.6. Coloscopie + iléoscopie

    Examen de 2ème intention si nécessaire : seulement en cas de persistance et de négativité des autres examens.


    3.1. Interrogatoire et examen clinique

    Type de DA et gravité : critères d’hospitalisation
  • Déshydratation +++ (peau, muqueuses, globe oculaire, conscience, hypoTA)
  • Hypokaliémie acidose
  • Syndrome septicémique
  • Recherche de tare susceptible d'être décompensée (insuffisance cardiaque ou rénale)
  • Sujets âgés


  • 3.2. Enquête étiologique

  • Signes extra-digestifs
  • Voyage à l'étranger (préciser)
  • Prise médicamenteuse ++
  • Cas isolé ou >= 2 cas d'une même collectivité (toxi-infection alimentaire ?)
  • Contexte épidémique ou séjour en Institution
  • Antécédents personnels ou familiaux (MICI)
  • Immunosuppresseurs ou dépression


  • 3.3. En cas d’hospitalisation

  • NFS iono-sanguins, créatinémie, VS-CRP
  • Hémocultures si T° 38°5 ou hypothermie



  • 4.1. Le traitement est d’abord symptomatique


    4.1.1. La réhydratation des formes sévères : de préférence IV est essentielle


    NB : Les troubles de la conscience indiquent une déshydratation souvent sévère


    4.1.2. Les anti-diarrhéiques


  • L’usage des anti-diarrhéiques, tel que le lopéramide (Imodium®) est à proscrire en cas de diarrhée à germes invasifs (ex : syndrome dysentérique) en raison des risques de mégacôlon toxique ; l’oxyde de lopéramide (Arestal®) est préférable.
  • L’acétorfan (Tiorfan®), antisécrétoire pur, dans les diarrhées hydriques importantes.
  • Les smectites.


  • 4.2. L’antibiothérapie est loin d’être systématique : risque de sélection de souches


    4.2.1. Ses indications


  • Terrain très fragile
  • Sévérité des symptômes
  • Mécanisme invasif supposé
  • Age très jeune ou très avancé
  • Présence d’une infection systématique
  • Epidémie de cause connue.


  • 4.2.2. En ces cas, l’antibiothérapie est probabiliste


    FLUOROQUINOLONES (Ciprofloxacine) adaptation éventuelle ensuite


    4.3. En cas de toxi-infection alimentaire collective

  • Déclaration obligatoire
  • Isolement
  • Enquête épidémiologique :
  • avertir la DDASS (réglementaire)
  • rechercher un aliment contaminant
  • coproculture


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