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Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET - Avril 2003
1. Définition Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est caractérisé par la remontée intermittente quantitativement anormale du contenu liquidien gastrique dans l’estomac sans vomissement. Cette définition l’oppose au reflux acide physiologique. Il s’agit d’une maladie fréquente et dans l’ensemble bénigne. Elle favorise néanmoins la survenue de l’adénocarcinome de l’œsophage : complication rare néanmoins par rapport à la fréquence du RGO. 2. Epidémiologie Prévalence : environ 30 à 40% de la population peut éprouver les symptômes du RGO avec une intensité très variable : 1/3 à 1/4 d’entre eux consultent un médecin. 3. Physiopathologie Diminution de la fonction de la continence cardiale soit : La hernie hiatale par glissement est un facteur favorisant. Les facteurs favorisant la stase œsophagienne après reflux : position couchée ; insuffisance de la motricité œsophagienne (diminution de la clairance œsophagienne) ainsi que de la diminution de la résistance tissulaire œsophagienne favorisant l’œsophagite (dénutrition, hypoxie chronique, alcoolisme, AINS). 4. Etiologie 4.1. Le plus souvent idiopathique Les relaxations transitoires du SIO, indépendante de la déglutition mais reliée à la tension de la paroi gastrique. 4.2. Etiologies particulières 5. Clinique : circonstance de découverte 5.1. Les manifestations atypiques 5.2. Les manifestations atypiques 5.3. Révélation par une complication (rare) 6. Diagnostic 6.1. Clinique Le diagnostic clinique est suffisant dans les formes mineures et occasionnelles. 6.2. Endoscopie Elle ne révèle que les lésions oesophagiennes éventuellement provoquées par le reflux que dans 40 à 50 % des cas bénéficiant d’une endoscopie. L’œsophagite peptique : classification L’ensemble de ces lésions siège sur la partie inférieure de l’œsophage. 6.3. La pH-métrie de 24 heures : les indications sont rares 7. Les oesophagites sévères (grades 3 et surtout 4) L’œsophagite peptique, quel que soit son grade, siège dans la partie inférieure de l’œsophage (5 derniers centimètres). L’œsophagite sévère (3-4) est rare, elle est favorisée par : L’immense majorité des œsophagites grade 1 ou 2 n’évoluent jamais vers les stades 3 et 4 sauf facteurs favorisants. La sténose peptique : elle siège à la partie inférieure de l’œsophage ; elle est régulière, bien centrée par rapport à la lumière œsophagienne. Les biopsies et prélèvements cytologiques sont nécessaires pour la différencier d’un cancer infiltrant. L’importance de la dysphagie est en rapport avec le degré de la sténose. L’endobrachyœsophage ou œsophage de Barret : est une métaplasie muqueuse, de type intestinale qui peut remonter plus ou moins haut dans l’œsophage. L’endoscopie la suspecte sur la coloration rosée de la muqueuse : la confirmation est histologique +++. Risques évolutifs : ulcère vrais de l’œsophage, cancer de l’œsophage de type adénocarcinome (surveillance endoscopique essentiellement sur la métaplasie de type intestinal, en principe tous les deux ans, si l’état du malade est compatible avec le traitement chirurgical éventuel. Malheureusement, de nombreux endobrachyoesophages sont asymptomatiques et donc non dépistés. 8. Traitement 8.1. Moyens thérapeutiques médicaux 8.2. Moyens thérapeutiques et chirurgicaux Interventions de TOUPET ou de NISSEN par cœliochirurgie L’intervention devrait être précédée d’une manométrie œsophagienne pour déceler des troubles moteurs de l’œsophage méconnu. 8.3. Indications thérapeutiques 8.3.1. Syndrome clinique sans œsophagite 8.3.2. Syndrome clinique + œsophagite 1 ou 2 (légère) 8.3.3. Formes sévères : œsophagites grades 3-4 (grave) La surveillance endoscopique : n’est nécessaire que pour les formes sévères. Le traitement symptomatique n’est maintenu que durant la persistance des symptômes. On conseille chez les reflueurs chroniques une endoscopie à l’âge de 50-55 ans pour recherche d’un endobrachyœsophage qu’il faudrait ensuite surveiller. Le traitement symptomatique peut être maintenu tant que durent les symptômes. Les endobrachyœsophages peuvent bénéficier d’une surveillance endoscopique tous les deux ans en fonction du contexte clinique. Le traitement chirurgical : il est une indication à réserver aux échecs du traitement médical ou à la nécessité de maintenir un traitement médical pendant plusieurs années. Le traitement médical bien conduit est le plus souvent suffisant pour contrôler les symptômes : objectif essentiel dans les formes habituelles. L’indication est portée le plus souvent après 4 à 5 ans d’évolution chez les malades contraints de suivre un traitement continu pour éviter les symptômes. Ils sont souvent eux-mêmes demandeurs de l’intervention, particulièrement si l’âge est jeune.
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