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Anévrysmes de l’aorte abdominale (131a) Professeur Jean-Luc MAGNE, Docteur Carmine SESSA, Docteur Sébastien PENILLON - Mai 2005
1. Introduction L’anévrysme de l’aorte abdominale (AAA) est par définition une perte du parallélisme des parois vasculaires. 1.1. Anatomo-pathologie Le sac anévrysmal fait suite à l'aorte normale par l'intermédiaire d'un collet. La paroi est habituellement pauvre en fibres élastiques et collagène plus ou moins fibreuse et calcifiée. Le thrombus endosacculaire est fait d'appositions lamellaires fibrineuses. Trois types sont rencontrés : 1.2. Physio-pathologie La loi de LAPLACE explique le caractère inexorable de la croissance anévrysmale : la tension pariétale croît avec le diamètre de l’anévrysme. Le flux systolique devenu turbulent explique la migration embolique à partir du thrombus intra-sacculaire. 1.3. Etiologie et épidémiologie Il existe plusieurs formes anatomo-cliniques : Les AAA représentent 60 % des anévrysmes artériels, la tranche d'âge la plus exposée est celle des 70-75 ans. Il existe une nette prédominance masculine de 8 hommes pour une femme. Le risque de rupture est de 6 % par an pour un anévrysme de 5 cm. La mortalité en cas de rupture est de 80 %. Le risque de rupture est directement corrélé au diamètre de l’anévrysme et/ou à sa vitesse de croissance. 2. Histoire clinique La principale complication des AAA est la rupture. 2.1. Clinique La présence d'une masse abdominale médiane battante, expansive et soufflante peut être découverte lors d’un examen systématique ou chez un sujet présentant une artériopathie oblitérante des membres inférieurs. L’anévrysme est sous rénal si l'examinateur peut insérer la main entre la masse et le rebord costal (signe de De Bakey ). L'apparition d'une douleur épigastrique, lombaire, ou dorsale doit dans ce contexte être rattachée à l'anévrysme par priorité et être considérée comme un signe de fissuration surtout si elle s'accompagne de signes de déglobulisation. 2.2. Evolution La croissance anatomique peut être estimée en moyenne à 0,5 cm par an. 3. Le traitement 3.1. Indications thérapeutiques Elles sont influencées par 2 facteurs : le risque de rupture, le risque opératoire. 3.1.1. Le risque de rupture Il est essentiellement lié au diamètre de l’anévrysme et à sa vitesse de croissance. Actuellement l’indication thérapeutique est posée pour tout anévrysme de plus de 5 cm de diamètre ou si sa croissance est supérieure à 1 cm par an. Il existe d’autres facteurs prédictifs de rupture : l’HTA, l’existence d’une BPCO, le sexe féminin, le terrain familial, le tabagisme, le caractère sacciforme de l’anévrysme. 3.1.2. Le risque opératoire En dehors du niveau d’expertise de l’équipe chirurgicale qui ne doit pas avoir un taux de complications excédant 5,5 %, il existe d’autres facteurs de risques opératoires. Certains sont liés au patient (âge et sexe féminin), à ses antécédents (insuffisance rénale, BPCO, insuffisance cardiaque congestive, coronaropathie). D’autres sont liées aux caractéristiques de l’anévrysme (proximité des artères rénales, anévrysme inflammatoire, anomalie veineuse). 3.2. Bilan préopératoire 3.2.1. Imagerie
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(J.L. Magne) 3.2.2. Bilan d’opérabilité L’objectif de ce bilan est de préciser le risque opératoire du patient. Il comporte donc essentiellement des explorations cardiologiques (ECG, Echocardiographie trans-thoracique) complétés éventuellement par une scintigraphie myocardique voire une coronarographie. Un bilan de la fonction ventilatoire sera réalisé en cas de BPCO. 3.3. Méthodes thérapeutiques Outre le traitement médical visant à corriger les facteurs de risques cardio-vasculaires, le traitement chirurgical a pour but de protéger le malade du risque de rupture. 3.3.1. La Mise à plat greffe Il s’agit de l’intervention de référence. Son principe consiste à aborder l’aorte par une voie trans ou rétropéritonéale. Après clampage de l’aorte et des iliaques en zone saine, l’aorte est ouverte et le thrombus endosacculaire retiré. La continuité artérielle est assurée par la suture d’une prothèse vasculaire synthétique avec le collet supérieur et le collet aortique inférieur ou les deux axes iliaques en fonction de la topographie de l’anévrysme.
(J.L. Magne) 3.3.2. L’endoprothèse aortique Son objectif est de traiter l’anévrysme en évitant la laparotomie et le clampage aortique, grâce à une prothèse armée d’une structure métallique. Cette endoprothèse est introduite par voie fémorale par l’intermédiaire d’un cathéter de largage dans lequel elle est repliée. L’exclusion de l’anévrysme nécessite des conditions anatomiques particulières notamment un collet sous-rénal assez long afin que la prothèse puisse s’appliquer sur une longueur suffisamment important d’aorte saine afin de réduire au maximum le risque de fuite periprothétique. Actuellement outre les conditions anatomiques favorables ce type de traitement est réservé aux patients à haut risque chirurgical.
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