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Conduite d’un examen médical de noncontre-indication à la pratique du sport (111a)
Docteur Anne FAVRE-JUVIN, Docteur Michel GUINOT - Décembre 2002


1. Introduction

Visite médicale de non-contre-indication :

  • L’intérêt est d’abord de rechercher et d’évaluer une incapacité à la pratique du sport. Elle pourra être réalisée auprès du médecin généraliste, auprès du médecin du sport à son cabinet ou dans un centre médico-sportif ou éventuellement si le sujet est sportif de haut niveau ou dans le cas de symptômes fonctionnels à l’effort sur un plateau technique dans un établissement public ou Privé.
  • Le deuxième intérêt est un intérêt de Santé Publique :
  • Prévention,
  • information,
  • éducation,
  • et orientation sportive pourront être réalisées dans le même temps
  • ainsi qu’une orientation vers les soins.
  • Cette consultation est actuellement bien justifiée par :
  • L’augmentation du nombre de pratiquants : 25 000 000 de pratiquants en France et 13 000 000 de licenciés.
  • La diminution des examens systématiques en particulier en Santé Scolaire et la disparition su service national.
  • Le législateur qui a obligé les compétiteurs licenciés ou non à cette visite de non contre-indication (loi de Mars 1999 introduite au code de Santé Publique).


  • 2.1. Qui ? 

  • Adulte : homme ou femme, jeune ou sénior…
  • Enfant


  • 2.2. Quel type de pratique ? 

  • Professionnel du sport (moniteurs, plongeur, sapeur pompier ….)
  • Athlète de haut niveau, professionnels ou non,
  • Sportif de loisir,
  • Patient porteur d’une affection chronique (cardiorespiratoire, métabolique ….)


  • 2.3. Quels sont les objectifs du sportif ?

  • Carrière sportive, (court terme, moyen terme, long terme)
  • Participation à des compétitions de masse,
  • Maintien de la forme,
  • Amaigrissement, esthétique…


  • 2.4. Avec quels moyens ?

  • quelle disponibilité
  • quel type d’entraînement :
  • Quantitatif ?
  • Qualitatif ?

  • IMPORTANCE DE L’INTERROGATOIRE.


    3.1. L'interrogatoire


    3.1.1. Les antécédents sportifs


  • Passé sportif
  • compétition ou loisir
  • interruptions (motifs)
  • modalités d'entraînement
  • modalités des compétitions - disponibilité...


  • 3.1.2. Les antécédents médicaux


  • familiaux en particulier cardio-vasculaires, métaboliques, allergiques...
  • personnels en particulier cardio-vasculaires, broncho-pulmonaires, gastro-entéro., gynéco-urinaires...
  • Chirurgicaux
  • Traumatiques : Faire préciser durée d'arrêt, traitement, récidives, séquelles.


  • 3.1.3. Questions générales


  • Hygiène de vie : sommeil – récupération- planning scolaire
  • état des vaccinations
  • traitements : contraception orale
  • suppléments : protéines, vitamines, fortifiants
  • tabac, alcool
  • état de forme actuel
  • alimentation : enquête diététique


  • 3.2. Biométrie

    3.2.1. Adulte


  • Poids et taille
  • Evaluer l’adiposité du sujet par la mesure des plis cutanés


  • 3.2.2. Enfant


  • Au minimum : poids et taille
  • Importance d’avoir le carnet de Santé pour pouvoir faire la courbe de croissance.
  • Autres mesures possibles : Taille assise, segments, envergure ; périmètres ; diamètres...
  • Evaluer la maturité pubertaire : appréciation clinique de la maturation sexuelle au niveau des organes génitaux externes : Ex. Stades de TANNER.
  • Evaluer l’adiposité du sujet par la mesure des plis cutanés.


  • 3.3. Examen morphologique et ostéo-articulaire


    3.3.1. Adulte


  • Examen de la statique : Dans sa globalité, sujet debout de face, de dos, de profil. Prendre des points de repères anatomiques...+/- examen podoscopique
  • Examen dynamique : Position de flexion antérieure, latérale, rotation, extension du tronc, position assise; à la marche.
  • Appréciation de la masse musculaire : Insuffisance, harmonie, déséquilibre antéro-postérieur, ou inféro -supérieur, recherche de hernie, éventration.
  • Appréciation de la souplesse : Articulaire, musculaire.
  • Bilan ostéo-articulaire orienté : Au minimum rachis, genoux, chevilles...
  • Selon la pathologie de la discipline, Selon les antécédents traumatiques ou les signes fonctionnels.


  • 3.3.2. Enfant


  • Examen de la statique en particulier rachidienne : dans sa globalité, sujet debout de face, de dos, de profil. Prendre des points de repères anatomiques...+/- examen podoscopique
  • Examen dynamique : position de flexion antérieure, latérale, rotation, extension du tronc, position assise; à la marche.
  • Palpation des zones d’ossification secondaire voir des tendons en particulier tendon d’Achille.


  • 4.1. Enfant

    Recherche de signes fonctionnels de repos, d’effort et de récupération :
  • Dyspnée d'effort inhabituelle
  • Palpitations
  • Syncopes, malaises.

  • Recherche d'un souffle : auscultation soigneuse, sensibilisée par la position, la manœuvre de Valsalva, l'accélération du pouls.
  • Reconnaître sa bénignité :
  • souffle infundibulo-pulmonaire
  • souffle éjectionnel
  • souffle du dos plat, du pectus
  • souffle veineux jugulaire
  • Ou reconnaître son organicité :
  • la myocardiopathie hypertrophique obstructive
  • les valvulopathies + rares (rétrécissement aortique, communication inter auriculaire)

  • Prise des pouls périphériques.
    Prise de la tension artérielle au repos, en position couchée.


    4.2. Adulte

  • Recherche de facteurs de risques cardio-vasculaires (homme ++)
  • Recherche de signes fonctionnels de repos, d’effort et de récupération :
  • Dyspnée d'effort inhabituelle
  • douleurs thoraciques
  • palpitations
  • syncopes, malaises
  • claudication intermittente
  • Recherche d’un souffle à l’auscultation.
  • Prise des pouls périphériques ++
  • Prise de la tension artérielle : couchée aux 2 bras, debout : Recherche d'une hypertension (HTA), d’une hypotension, d'une TA pincée


  • 5. Examen pulmonaire

  • Interrogatoire : toux, dyspnée, sifflements, sensation d’oppression thoracique…
  • Recherche de déformations thoraciques,
  • Auscultation.


  • 6.1. Examen ORL

  • Interrogatoire : Terrain allergique, fréquence des épisodes infectieux.
  • Recherche d'une déformation nasale
  • Examen de la gorge et des tympans, pour certains sports.


  • 6.2. Examen dentaire

  • Date du dernier contrôle
  • Examen des dents
  • Protection dentaire pour certains sports


  • 6.3. Examen gynécologique

  • Interrogatoire : Premières règles, régularité des cycles; abondance des règles; grossesses et suite de couches; contraception; incontinence urinaire d’effort, ménopause.


  • 7.1. ECG de repos

  • Indications : recommandation d’un ECG de repos à la signature du 1er certificat médical et si symptômes fonctionnels ou d’examen (souffle)
  • recherche un trouble de la conduction ou de la repolarisation
  • mais connaître les anomalies bénignes de l’ECG du sportif.


  • 7.2. Test dynamique sous maximale (+ récupération)

    Par exemple Test de Ruffier : test très facile d’exécution quel que soit le niveau sportif et qui peut donner une idée de l’adaptation et de la récupération sur un effort sous-maximal.


    8. Les examens complémentaires

  • imagerie : fréquente pour la pathologie ostéo - articulaire (radio., écho....)
  • biologie : jamais sans signe d’appel
  • cardio. :
  • échocardiographie
  • holter TA
  • holter ECG...
  • EPREUVE D’EFFORT : si, douleur thoracique d’effort ou malaise ou deux facteurs de risque après 40 ans ou anomalies de l’ecg de repos ou HTA ou hypoTA ou dyspnée ou fatigue musculaire…
  • autres : ORL, ophtalmo., gynéco. ... suivant signes d’appel ou spécialité sportive


  • 9. Le certificat de non contre-indication

  • rédaction précise
  • Nombre de sport de compétition : au max 2/an...
  • En cas de doute sur l’aptitude :
  • médecin fédéral
  • consultation spécialisée
  • En cas d’inaptitude :
  • NE PAS REDIGER DE CERTIFICAT
  • AVERTIR LE MÉDECIN FÉDÉRAL


  • 10. Les différents types de contre-indications

  • Contre indications absolues et permanentes (= formelles ou générales) sont rares. Le sport souvent mal supporté.
  • Contre indications relatives et permanentes sont plus fréquentes et plus délicates
  • particulières à certaines catégories de sport :
  • à risque traumatique élevé: sports de combat, rugby, hand...
  • à sollicitations cardio-vasculaire et respiratoire importante: tout dépend aussi du niveau sportif...
  • sports « à risque » : plongée sous-marine, spéléo., vol libre, escalade, alpinisme, sports nautiques, boxe, sports mécaniques...
  • spécifique à un sport donné: ex. haltérophilie
  • Contre indications temporaires peu souvent respectées : « Grille possible...»
  • et absolues : souvent difficile de donner un délai précis, suivant évolution clinique et biologique
  • et relatives

  • Il est important de noter que les contre-indications qui restent rares sont cependant plus fréquentes pour les sports à risques : ceux-ci ont été très bien définis par le texte de la dernière loi sur la protection de la Santé des sportifs, il s’agit de :
  • la plongée sous-marine,
  • l’alpinisme de pointe,
  • sports mécaniques,
  • sports aériens sauf aéromodélisme,
  • sports utilisant des armes à feu,
  • sports de combats pouvant entraîner un K.O.


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