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Troubles de la personnalité (286)
Docteur Marc DUBUC - Mai 2003


1. Définitions

La personnalité s’organise autour des différentes composantes de l’individu (affective, comportementale, intellectuelle, physiologique, morphologique…), et est la résultante de facteurs innés et acquis.

Les troubles de la personnalité désignent des modes prédominant de fonctionnement à l’origine de comportements inadaptés et rigides, au cours desquels l’individu répète les mêmes attitudes et les mêmes conflits.
Ces troubles apparaissent au cours de l’adolescence et persiste pendant toute la vie. Ils entraînent une souffrance de l’individu et/ou de l’entourage et une plus grande vulnérabilité dans les relations sociales et face aux difficultés de l’existence.
Le DSM IV, définit les troubles de la personnalité par des « comportements ou traits caractéristiques à la fois d’un comportement récent et du comportement au long cours depuis l’âge adulte. L’ensemble de ces comportements, ou de ces traits, est responsable soit d’une altération significative du fonctionnement social ou professionnel, soit d’une souffrance subjective ».

Ces manifestations sont à différencier d’épisodes psychopathologiques.

Le diagnostic de personnalité ne peut être porté qu’en dehors d’épisodes psychopathologiques ou alors de manière anamnestique.

Certaines organisations de la personnalité, prédisposent à une pathologie psychiatrique (exemple : personnalité schizoïde -> schizophrénie), sans que cela soit systématique.
Un individu peut présenter plusieurs types de troubles de la personnalité (exemple : personnalité paranoïaque et schizoïde) On parle alors de troubles mixtes de la personnalité.

On distingue trois grandes catégories de troubles de la personnalité :
  • Personnalités « psychotiques » (paranoïaque, schizoïde, schizotypique)
  • Personnalités « introverties » (obsessionnelle, dépendante, phobique)
  • Personnalités « extraverties » (histrionique, psychopathique, état-limite, narcissique)


  • 2.1. Personnalité paranoïaque

    Ce type de personnalité est plus souvent retrouvé chez l’homme et se caractérise par :
  • Hypertrophie du moi : autoritarisme, orgueil, égocentrisme, intolérance.
  • Fausseté du jugement : absence d’autocritique
  • Méfiance et susceptibilité
  • Psychorigidité
  • Troubles des relations sociales : Souffrance de l’entourage socioprofessionnel face à son agressivité.

  • EVOLUTION : épisodes dépressifs, revendications hypochondriaques, réactions passionnelles à des frustrations, un délire chronique paranoïaque
    Troubles dépressifs de l’entourage


    2.2. La personnalité sensitive de Kretschmer

    Elle présente des traits de la personnalité paranoïaque associés à ceux de la personnalité psychasthénique :
  • orgueil masqué par une insatisfaction d’eux-mêmes,
  • retrait, souffrance silencieuse, susceptibilité, émotivité,
  • asthénie, pessimisme,

  • EVOLUTION : dépression, revendications hypochondriaques, délire de relation


    3. Personnalité schizoïde

    Cette personnalité est plus souvent retrouvée chez l’homme.
    Les principaux traits la composant sont :
  • Pauvreté du contact : Le sujet est solitaire, introverti. Il évite les relations et reste secret.
  • Désintérêt pour le monde extérieur
  • Richesse habituelle de la vie imaginaire
  • Pauvreté des émotions, froideur affective

  • EVOLUTION :
  • Schizophrénie
  • Désocialisation parfois à l’origine de troubles dépressifs


  • 5.1. Personnalité obsessionnelle compulsive (caractère anal d’après Freud)

    On la retrouve plus souvent chez l’homme.
    Elle est caractérisée par :
  • Souci de l’ordre et de la propreté, sens du devoir, obéissance, fidélité aux engagements.
  • Sens de l’économie jusqu’à l’avarice. Collectionnisme.
  • Obstination (peu influençable, tendance à l’autoritarisme)
  • Froideur affective (incapacité d’expression de leurs sentiments)
  • sérieux, formalistes, perfectionnistes, conventionnels.


  • 5.2. Personnalité psychasthénique

  • Tendance aux scrupules, introspection douloureuse et triste
  • Inhibition affective
  • Asthénie : déficit de l’action, de la volonté, et du sens du réel.

  • Le psychasthéne est lent, méticuleux, sérieux, moraliste et peu spontané.


    5.3. Evolution

  • Syndrome dépressif favorisé par les modifications du cadre de vie de l’individu (professionnel ou affectif).
  • Troubles anxieux
  • Apparition de troubles obsessionnels compulsifs


  • 8. Personnalité hystérique

    Ce type de personnalité est principalement retrouvé chez la femme.
    Les principaux traits de personnalité sont :

  • histrionisme :
  • La personnalité hystérique cherche à attirer l’attention, à plaire, à séduire (érotisation des rapports sociaux).
  • Théâtrale, elle captive l’attention par son attitude et ses récits embellissent ou dramatisent la réalité (mythomanie).
  • Elle est souvent « hyperconforme » au stéréotype féminin de l’époque.
  • avidite affective et dependance affective
  • égocentrisme : A l’origine de difficultés à tolérer les frustrations.
  • hyperréactivité émotionnelle : hyperémotivité et labilité émotionnelle, caprices, colères, impulsivité (impulsions suicidaires) comportements manipulatoires
  • facticite des affects : Les sentiments exprimés sont exagérés, les relations affectives sont superficielles.
  • troubles sexuels : Soit évitement de leur propre sexualité soit Hypersexualité apparente masquant de profondes inhibitions (Frigidité ou rejet ou dégout).

  • Chez l’homme (moins bonne tolérance sociale) :
  • Attitudes de donjuanisme masquant ses inhibitions sexuelles
  • Personnalité hysteropsychopathique : histrionisme + traits de personnalité psychopathique (instabilité, délits…)

  • EVOLUTION :
  • Somatisation : Préoccupations somatiques à l’origine d’une appétence médicale et chirurgicale.
  • Episodes dépressifs (asthénie, plaintes somatiques au premier plan)
  • Troubles anxieux
  • Crises d’agitation spectaculaires


  • 9. Personnalité psychopathique

    Elle est plus souvent rencontrée chez l’homme.
    Les troubles du comportement débutent souvent dans l’enfance avec des problèmes d’agressivité, de fugue, puis de délinquance.

    Les traits composant cette personnalité sont :
  • Impulsivité, intolérance aux frustrations : Il n’existe pas de mentalisation et les passages à l’acte auto ou hétéro agressifs sont fréquents.
  • Mauvaise adaptation sociale
  • Absence d’anxiété et de culpabilité
  • Inaffectivité apparente
  • Labilité de l’humeur, dysphorie
  • Conduites toxicomaniaques,

  • EVOLUTION : marginalisation, mort précoce, états dépressifs, alcoolisme, toxicomanies

    DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
  • Epilepsie temporale (comportement de type psychopatique)
  • Entrée dans la schizophrénie


  • 10. Personnalité limite (borderline)

    Ce trouble, plus fréquent chez la femme, est caractérisé par un polymorphisme clinique.
    L’histoire relationnelle du sujet borderline est marquée par des ruptures affectives à l’origine d’un sentiment d’abandon. La relation à l’autre alterne entre des positions d’idéalisation et de dévalorisation, de dépendance et de rejet, sans pouvoir se stabiliser. La personne recherche des relations d’étayages et repère avec difficultés ses propres limites et celle de l’autre.

    Les traits de personnalités les plus souvent retrouvés sont :
  • instabilité affective
  • sentiment de vide et d’ennui
  • Angoisse diffuse
  • Etats dépressifs centrés sur le sentiment d’abandon.
  • Impulsivité, agressivité à l’origine de passage à l’acte autoagressifs
  • Symptômes névrotiques variables (phobies, troubles obsessionnels, symptômes hystériques)
  • Ces sujets sont souvent bien adaptés socialement.

  • EVOLUTION : dépressions, tentative de suicide, toxicomanie, alcoolisme

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