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Anatomie et physiologie cardiaques
  Chapitre 3. RAPPEL DU CYCLE CARDIAQUE
 
Le phonocardiogramme et les mécanogrammes permettent d'étudier les différents temps de la révolution cardiaque. Ils ont un grand intérêt didactique.
Ils comportent l'enregistrement simultané :
de l'électrocardiogramme (ECG) (dérivation D2) servant de référence chrono-logique,
des bruits du cœur ou phonocardiogramme,
du pouls artériel carotidien ou carotidogramme,
du choc de pointe ou apexogramme
du pouls veineux jugulaire ou jugulogramme.
 

LA RÉVOLUTION CARDIAQUE

 
LA SYSTOLE VENTRICULAIRE se déroule en deux phases
Contraction isovolumétrique :
elle met fin à la diastole et survient lorsque les ventricules sont pleins de sang.
Cette phase initiale de la contraction ventriculaire ferme les valvules auriculo-ventriculaires (mitrale et tricuspide) et élève la pression intra-ventriculaire jusqu'à ce que les valvules sigmoïdes (aortiques et pulmonaires) s'ouvrent : ventricules et artères forment alors une chambre commune.
Contraction isotonique ou phase d'éjection :
le sang contenu dans les ventricules est chassé, d'abord rapidement, puis à vitesse décroissante lorsque la quantité de sang à éjecter se réduit.
A la fin de l'éjection, les sigmoïdes se referment, car la pression dans les ventricules devient inférieure à la pression artérielle.
 
LA DIASTOLE VENTRICULAIRE se déroule en deux phases
La phase de relaxation isométrique très courte :
la pression dans les ventricules, vides de sang, s'abaisse pour devenir inférieure à celle des oreillettes.
Puis les valvules auriculo-ventriculaires s'ouvrent.
La phase de remplissage ventriculaire correspondant à la plus grande partie de la diastole. Celle-ci se fait en trois temps :
remplissage rapide initial ;
remplissage lent, l'égalisation des pressions entre les oreillettes et ventricules ralentit la vitesse de l'écoulement sanguin,
remplissage rapide terminal, la systole auriculaire chasse le sang qui reste dans les oreillettes, dans les ventricules, et un nouveau cycle cardiaque peut reprendre.
 
Ces phénomènes hémodynamiques intracardiaques se traduisent à distance. Le phonocardiogramme et les mécanogrammes ont pour but d'enregistrer ces manifestations à distance et de reconstituer ainsi la révolution cardiaque.
 

LE PHONOCARDIOGRAMME

APPAREILLAGE
Il comprend :
un microphone,
un amplificateur,
des filtres permettant de sélectionner les fréquences de 20 à 1000 cycles par seconde,
un système enregistreur soit photographique, soit à plume chauffante, soit à jet d'encre.
 
LES BRUITS DU COEUR
 
 
Le premier bruit ou B1,
apparaît 4/100 secondes en moyenne après le début de la déflexion QRS de l'ECG. Il dure 10 à 12/100 seconde.
Il s'inscrit en basse fréquence. Son foyer d'enregistrement se situe à la pointe du cœur.
Son mécanisme (bien qu'encore discuté) est simple.
Deux phénomènes s'addi- tionnent pour créer ce premier bruit :
la fermeture des valves auriculo-ventriculaires (tricuspide et mitrale), composante valvulaire ;
la contraction brutale du muscle cardiaque, composante musculaire.
Le deuxième bruit ou B2
marque la fin de la systole ventriculaire, dure moins de 3/100 seconde et s'inscrit en haute fréquence.
Il est synchrone de la fin de T.
Son foyer d'enregistrement se situe à la base, c'est-à-dire à la partie haute du thorax, de part et d'autre du sternum.
Le plus souvent, ce deuxième bruit est fait de deux composantes :
la première aortique, ou B 2 A
la deuxième pulmonaire, ou B 2 P
Le mécanisme : il est dû à la fermeture des valvules sigmoïdes aortique et pulmonaire.
N.B. : Particularité du 2ème bruit : ce deuxième bruit subit des variations respiratoires. En expiration forcée, les deux composantes sont fusionnées. En inspiration forcée, elles deviennent distinctes ; le B 2 P survenant plus tardivement que le B 2 A. Ce dédoublement ne dépasse pas 3/100 seconde.
 
 
Le troisième bruit du cœur ou B3
s'enregistre fréquemment chez le sujet jeune.
Il survient 12 à 14/100 seconde après B 2 A. Il dure 6 à 8/100 seconde. Il s'inscrit en basse fréquence.
Son foyer d'enregistrement se situe à la pointe du cœur. Le 3ème bruit physiologique disparaît en position debout.
Son mécanisme : ce bruit est contemporain de la phase de remplissage ventriculaire rapide, initiale ; il est dû à la distension brutale du muscle ventriculaire sous l'effet de l'afflux du sang auriculaire.
Le quatrième bruit ou B 4 est exceptionnellement enregistré chez le sujet normal.
Il survient 7 à 14/100 seconde après le début de l'onde P de l'électro- cardiogramme. Il s'inscrit en basse fréquence..
Il s'enregistre à la pointe du cœur et souvent entre la pointe et le sternum
Son mécanisme : ce bruit est la traduction de la contraction des oreillettes.
 

LES MÉCANOGRAMMES

Les mécanogrammes s'obtiennent grâce à des capteurs qui enregistrent les mouvements de très basse fréquence.
 
LE CAROTIDOGRAMME
 
 
Il rend compte de l'état de l'orifice aortique et donne des indications sur la valeur fonctionnelle du ventricule gauche.
Technique : Le capteur est placé au contact de l'artère carotide (droite de préférence), au point où les battements sont les mieux perçus.
La courbe : Son point de départ correspond à l'ouverture des sigmoïdes aortiques. Le sommet est atteint en 10 à 12/100 seconde. La partie descendante est marquée par une incisure profonde, l'incisure catacrote, témoin de la fermeture des sigmoïdes (C).
Le temps qui sépare le point de départ et l'incisure catacrote est appelé temps d'éjection. Il varie avec la fréquence cardiaque ; sa valeur moyenne est de 28/100 seconde.
 
L'APEXOGRAMME
 
 
Il rend compte du fonctionnement du cœur gauche.
Technique : le malade est placé en décubitus latéral gauche. Le capteur est appliqué au point où les battements cardiaques sont les plus amples.
La courbe :
La phase systolique : partie ascendante correspondant à la phase de contraction isométrique des ventricules. Elle va du pied de l'onde systolique à son sommet C. Elle commence 2/100 seconde après le début de QRS et dure 4/100 à 6/100 seconde environ.
Le plateau et la première partie de la phase descendante correspondent à la phase d'éjection, celle-ci commence au point C, mais sa terminaison est rarement visible ; il faut s'aider alors du carotidogramme enregistré simultanément ou du phonocardiogramme.
La phase diastolique se divise en :
relaxation isométrique, qui va de la fermeture des sigmoïdes aortiques à l'ouverture de la valve mitrale marquée sur la courbe par le point O (point le plus bas du tracé).
Remplissage ventriculaire rapide marqué sur la courbe par une onde de faible amplitude ou onde E. Cette onde est synchrone du B 3.
Remplissage lent : le tracé est légèrement ascendant, presque rectiligne.
Remplissage rapide terminal dû à la contraction auriculaire, elle s'enregistre sous forme d'une onde de faible amplitude ou onde "a" qui se raccorde directement avec la partie ascendante de la phase systolique suivante.
 
LE JUGULOGRAMME
 
 
Il explore le fonctionnement du cœur droit.
Technique : le capteur est placé entre les deux chefs sternaux et claviculaires du sterno-cleïdo-mastoïdien.
La courbe : Trois ondes positives, deux ondes négatives.
Ondes positives :
a : due à la contraction de l'oreillette droite ;
c : due à la transmission du pouls carotidien
v : synchrone de l'ouverture de la tricuspide.
Ondes négatives
x : contemporaine de la systole ventriculaire droite ;
y : marque la fin du remplissage rapide initial et le début du remplissage lent.
 
 
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