La Personnalité Pathologique

en-tete PSYCHIATRIE

La Personnalité Pathologique
J. Boucharlat
- 1995


vers1Définition

vers2Personnalités névrotiques

vers3Les personnalités psychotiques

vers4Traitement


Pré-requis


1 : Définition

Les troubles de la personnalité désignent des modes de comportement inadaptés, profondément enracinés, habituellement reconnaissables au moment de l'adolescence au plus tôt, et persistant pendant la plus grande partie de la vie adulte. La personnalité est anormale, soit dans son aspect qualitatif, soit dans son équilibre. Cette altération détermine une souffrance pour le malade et son entourage (classification O.M.S. : ICD 9). Ces troubles entraînent une inadaptation fréquente au contexte social, des difficultés à comprendre autrui, une difficulté à s'insérer dans la société et à réagir au stress. Ces personnalité peuvent faire le lit de véritables maladies mentales, mais peuvent également, sans troubles mentaux véritables, persister toute la vie. L'on distingue :

* les personnalités névrotiques, dont les troubles évoquent certains éléments des névroses

* les personnalités psychotiques

* les personnalités déséquilibrées.

Elles peuvent être explorées grâce au M. M.P.I. ; elles font l'objet d'une classification récente incluse dans le DSM III R où elles représentent le deuxième axe du diagnostic multi-axial.

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2. : Personnalités Névrotiques

2.1 : Personnalité hystérique

On la retrouve essentiellement chez la femme. L'on note des traits de comportement caractéristiques : Histrionisme, désir de paraitre, recherche constante de l'attention d'autrui, présentation théatrale, mimiques, attitudes corporelles hyper-expressives, dramatisation du discours. L'hystérique vit des histoires plutôt que son histoire, d'où le caractère factice et changeant de ses affects (Hardy). Hyperactivité émotionnelle ; les attachements sont passionnés mais ne durent pas, l'humeur est labile, les troubles du caractère fréquents. La suggestibilité est moins fréquente qu'on le pensait autrefois. Elle témoigne d'une fragilité de la personnalité et d'une recherche d'identification chez un sujet immature et va s'exprimer par un habillement identique à une personne aimée. La mythomanie est une falsification de la réalité, avec richesse de l'imaginaire : mises en scène et scénarios où le sujet s'imagine avoir une place en vue ; risque de réaction dépressive ou impulsive en cas de désillusion. Dépendance affective : ce sont des sujets passifs, dépendants, immatures et infantiles, qui recherchent constamment une protection à leurs faiblesses. Les troubles sexuels y sont constants ; évitement de la propre sexualité avec intérêt pour la sexualité des autres, quelquefois hypersexualité apparente masquant de profondes inhibitions. L'adaptation socio-professionnelle peut être bonne, mais avec l'âge, les tendances dépressives et les plaintes hypocondriaques deviennent fréquentes. Parce que les traits passifs dépendants sont très marqués, l'inadaptation socio-professionnelle est fréquente avec une évolution vers l'invalidité. Complications : sur ce terrain, des accidents de conversion et phénomènes de somatisation, les réactions émotionnelles et les épisodes dépressifs sont fréquents. Traitement : il sera surtout fondé sur des entretiens d'aide, une attitude de neutralité bienveillante, si possible les médicaments anxiolytiques seront prescrits avec beaucoup de mesure.

2.2 : Personnalité phobique ou évitante

Il s'agit d'un comportement de gêne en situation sociale. Le sujet a peur d'être jugé, il est timide, facilement blessé par toute critique ou désaprobation, il a peu d'amis, souvent un confident, il évite les activités sociales ou professionnelles de contact. Très vite émotif et anxieux, il renonce souvent et se plaint de fatigue. L'adaptation socio-professionnelle est néanmoins relativement bonne. Les complications peuvent se faire dans le sens de phobies véritablement oprganisées, voire de réactions dépressives. La thérapeutique est là aussi la confiance, le suivi, le respect de cette émotivité qui cache beaucoup de richesse affective et les conseils de vie qui permettront au sujet de s'exprimer et de réussir.

2.3 : Personnalité de type obsessionnel

Elle se voit plus souvent chez l'homme que chez la femme. On en distingue deux :

* La personnalité obsessionnelle avec caractère anal : faite de trois traits caractéristiques : l'ordre, l'économie, l'entêtement. Goût pour un ordre excessif, aussi bien dans le domaine matériel que dans le domaine moral. Conscience professionnelle, perfectionisme, attachement aux règles, aux plans d'organisation. L'économie va confiner à la mesquinerie et à l'avarice. Le goût de la propriété débouche sur le collectionnisme. L'entêtement : les obsessionnels sont des sujet obstinés, autoritaires, exigeant la soumission des autres. Les sentiments sont peu exprimés et mis à distance. Les détails sont privilégiés par rapport à l'ensemble. L'adaptation socio-professionnelle est souvent bonne, mais les relations sociales difficiles.

* La personnalité psychasthénique : ce sont des personnes qui ont des difficultés à réaliser des activités intellectuelles de haut niveau, car elles nécessitent un effort péniblement ressenti. L'action est marquée par l'impuissance à agir, une hyposexualité ; le sujet à de la peine à prendre des décisions, il s'intègre mal à la réalité, a tendance à rêver et se sent à la limite de la dépersonnalisation. Par contre, les activités psychiques de bas niveau (tendance aux scrupules, au doute, aux ruminations mentales, à l'introspection triste) vont être très développées. Le sujet se réfugie dans le perfectionisme, il est lent, méticuleux, moraliste, fatigué le plus souvent notamment le matin. L'adaptation socio-professionnelle est médiocre en raison des rêveries et de l'introspection, ansi que des difficultés dans l'action et dans les décisions. Les complications peuvent être l'apparition d'une névrose obsessionnelle structurée et, beaucoup plus souvent, des états dépressifs ou des décompensations psychosomatiques. Le traitement est difficile, ces patients méritent d'être écoutés, mais leur lenteur font perdre beaucoup de temps. Il faudra savoir leur prescrire des anti-asthéniques, aménager des périodes de repos, voire de cure thermales.

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3 : Les Personnalités Psychotique

3.1 : Les personnalités paranoïaques

Ce sont des sujets qui ont une sensibilité excessive aux échecs, et ont tendance à interpréter toute situation frustrante. Le Moi est hypertrophié et aboutissant à une surestimation et un orgueil démesuré. De plus, il existe une psychorigidité qui les empêche de se critiquer et une fausseté du jugement liée aux interprétations. La méfiance rend l'adaptation sociale difficile. L'adaptation socio-professionnelle est médiocre, surtout lorsque le sujet est quérulent, susceptible, voire querelleur et fanatique. Dans d'autres cas, le sujet reste un original sans contact avec le monde. Les complications sont des revendications hypocondriaques, des réactions passionnelles à des frustrations, des épisodes dépressifs parfois persécutifs, l'apparition d'un véritable délire chronique paranoïaque. Sur le plan thérapeutique, il est important de pouvoir capter leur confiance, garder une distance relationnelle suffisante pour ne pas créer de contact passionnel et les conseiller dans leur vie professionnelle. Des médicaments anti-agressifs tels que le Dipiperon et le Tegretol peuvent être proposés à certaines périodes, voire des anti-dépresseurs, mais sous surveillance stricte.

3.2 : Personnalités schizoïdes

Attitudes en retrait
, pauvreté de contact, repli, solitude, peu de réseau relationnel social, bizarreries. L'affectivité apparait comme pauvre, avec froideur apparente qui masque une hyperesthésie et une affectivité ambivalente. Richesse habituelle de la vie imaginaire lorsqu'on les connait bien, tendance à la méditation, aux pensées abstraites, croyances mystiques ou métaphysiques, adaptation professionnelle souvent médiocre en raison de l'isolement du sujet et sa difficulté à communiquer. Les complications sont bien entendu l'apparition de symptomes schizophréniques de dissociation et d'un délire paranoïde dans un tiers des cas environ. Le traitement : il s'agit là aussi de permettre un champ d'expression, de respecter les périodes de silence et les idées bizarres. Le maintien d'un réseau relationnel social minimum est important à conserver.

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4 : Personnalité Déséquilibrée

4.1 : Les Personnalités Psychopathiques

Le diagnostic repose sur la biographie. Dès l'enfance le sujet présente des manifestations caractérielles, une instabilité scolaire, des premières conduites anti-sociales. Les troubles s'aggravent à l'adolescence : conflits avec l'autorité, excès éthyliques, inadaptation professionnelle. A l'âge adulte, la même instabilité et l'impulsivité se retrouvent et gênent considérablement les relations. En somme, un comportement déviant par rapport aux normes sociales, une impulsivité avec passages à l'acte plus ou moins agressifs, une intolérance aux frustrations avec satisfaction immédiate des désirs, une instabilité physique et affective, le sujet fait des histoires mais n'a pas d'histoire, une tendance à rejeter la responsabilité des actes sur la société. L'adaptation socio-professionnelle est médiocre dans ces conditions, le sujet n'a pas de formation professionnelle, les complications sont de l'ordre de crises d'agitation clastique aggravées par les abus d'alcool ou de produits toxiques, des états dépressifs lorsque le sujet est acculé, l'alcoolisme et la toxicomanie, parfois des épisodes de bouffées délirantes polymorphes avec dépersonnalisation, notamment lors des situations de solitude. Le traitement est très difficile, il faut savoir les suivre sans se laisser séduire par la biographie, être très patient, les aider dans les passages difficiles et notamment dépressifs, ne pas exiger des contrats que le sujet ne pourrait pas réussir.

4.2 : Personnalité limite (border line)

Elle est constituée de traits aussi bien névrotiques que psychotiques ou déséquilibrés, voire pervers. Cela réalise un véritable patchwork clinique. On repère une tendance anxieuse extrêmement importante, liée à l'angoisse de séparation. Le sujet a peur de perdre la personne à qui il est attaché et dont il dépend (anaclitisme). Un trouble de l'identité : le sujet se perçoit souvent de façon mégalomaniaque, ou totalement dévalorisé, avec des risques suicidaires ; des symptomes névrotiques de type phobiques : peur d'être regardé, peur de la saleté, préoccupations hypocondriaques, souvent importantes. Troubles du comportement marqués par l'impulsivité, l'imprévisibilité, avec abus d'alcool, toxicomanie, troubles des conduites alimentaires, vols à l'étalage, bagarres, tentatives de suicide, auto-mutilations, peuvent cohabiter avec des tendances perverses, notamment sexuelles. Le mode de relation est caractéristique : affectivité intense, peu maîtrisable, qui explique des relations envahissantes, avides (anaclitisme), avec risque de rupture, de mise à distance. Ces difficultés relationnelles sont parfois marquées par une véritable persécution. L'adaptation socio-professionnelle est médiocre en raison de l'instabilité. Les complications sont marquées par des dépressions graves avec tentatives de suicide et auto-mutilation. Parfois des épisodes délirants persécutoires peuvent apparaître. Néanmoins, de grandes périodes de normalité peuvent également émailler cette évolution. Sur le plan thérapeutique : la prise en charge est difficile et requière en général une équipe, en raison des risques d'anaclitisme (hôpitaux de jour ou ces centres médico-psychologiques). L'hospitalisation peut être nécessaire en cas de décompensation.

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